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Témoignages : les différents scénarios d’expatriation

Rédigé par Garance&Moi | 12 Jun. 2020

Partir à l’étranger, changer de décor, recommencer à zéro, découvrir d’autres cultures, ou encore apprendre une nouvelle langue peut en faire rêver plus d’un. En effet, à ce jour, les expatriés français sont 2,5 millions répartis dans le monde. Ils ont chacun une histoire différente et une raison bien particulière qui les a poussés à sauter le pas, pour une période plus ou moins longue. Voici quelques témoignages venus d’horizons divers.

Suivi de conjoint

Démissionner pour suivre son conjoint à l’étranger fait partie des démissions jugées légitimes au regard de l’assurance chômage. C’est-à-dire qu’en rentrant en France dans les 4 ans après l'expatriation, il est possible de toucher une allocation chômage, ce qui est loin d’être négligeable en période de transition. C’est ce qu’a vécu Nadia avec son conjoint : “En 2015, mon conjoint a eu l’opportunité de rejoindre une grande entreprise de la tech installée à Dublin. Même si j’adorais mon travail de juriste en France, j’étais partante de tenter l’expérience. J’ai donc démissionnée pour suivi de conjoint. Le droit n’étant pas le même d’un pays à l’autre, il m’a été difficile de trouver du boulot dans mon domaine, mais j’ai malgré tout travaillé un an au sein de l’équipe business développement dans une entreprise qui vendait des logiciels. Ce n’était pas passionnant mais j’ai tenu jusqu’à ce que mon conjoint ait une autre proposition intéressante pour rentrer en France. Il m’a fallu quelques mois pour retrouver un poste de juriste à mon retour, j’ai donc bien apprécié d’avoir pu toucher le chômage durant mes recherches.”

Profiter des territoires d’Outre-mer

Théoriquement, on ne quitte pas la France en s’installant dans un Dom-Tom, mais on peut malgré tout considéré cela comme une forme d’expatriation tant les modes de vie sont différents de la métropole. Anne-Gaëlle en a fait l’expérience pendant plusieurs années : “Je suis d’abord partie à la Réunion pour effectuer un stage de quelques mois pour boucler mon diplôme en pharmacie. J’ai adoré le cadre, le mode de vie, et la facilité administrative (même monnaie, mêmes institutions etc…) par rapport à la métropole. J’étais à la fois loin, dépaysée et toujours en lien avec mon pays natal. De fil en aiguille, on m’a proposé un CDI dans une pharmacie réputée de l’île à la fin de mon stage, alors que je ne trouvais que des CDD courts à Lille, ma ville d’origine. J’étais ravie et j’ai donc prolongé mon expérience réunionnaise pendant 5 ans, avant de m’installer en métropole pour m’associer et ouvrir ma propre pharmacie. Ces années là-bas ont été très formatrices, j’y ai appris à m’adapter, me sociabiliser à nouveau, sortir de ma zone de confort, et j’ai pris le goût de la randonnée et des grands espaces !”

Chercher l’inspiration

Plus atypique encore, la situation d’une artiste en quête d’inspiration pour mener son projet d’écriture à bien. Ce fût le cas pour Jordanna qui est partie au Japon avec un but bien précis. Elle raconte : “J’écrivais un roman depuis plusieurs années en parallèle de mon poste de responsable en ressources humaines dans une entreprise de télécom. Après plusieurs tentatives ratées, j’ai un jour reçu un contrat d’éditeur qui me donner un an pour boucler la version finale du manuscrit. J’ai décidé de partir au Japon pour couper avec tout ce que je connaissais et changer d’air pour renouveler mes idées. Par le biais d’un ami, j’ai obtenu un job de serveuse dans un restaurant français à mi-temps afin de conserver une vie sociale, faire des rencontres et prendre part à la vie de ce pays. Cette expérience a été positive à tous points de vue. J’ai prolongé mon séjour au Japon de façon indéterminée et mon roman est en cours de relecture.”

Mutation

L’idée d’une expatriation peut aussi venir de votre propre entreprise, en particulier si elle a des filiales à l’étranger, des projets ou des besoins de développement dans d’autres pays. Laura, architecte à Paris, a été envoyée deux ans à Casablanca par son agence pour superviser un chantier : “Nous avons gagné un appel d’offre pour un projet assez conséquent à Casablanca. J’avais déjà une expérience d’un an en Amérique Latine et j’étais enthousiaste à l’idée de bouger à nouveau. Tout a été simplifié par l’agence d’architecture qui m’envoyait : visa, logement, contrat de travail, transport. Je suis très reconnaissante de la chance qu’on m’a donnée là-bas, car j’ai eu rapidement beaucoup de responsabilités que je n’aurais pas forcément eu aussi vite en tant que jeune architecte à Paris. C’était aussi une belle façon de suivre l’avancée d’un projet de A à Z pour la première fois de ma carrière, ce qui a constitué une belle ligne de CV pour demander une promotion à mon retour en France.” 

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Les motivations, les attentes, le contexte mais aussi le cadre légal peuvent être très différents d’une expatriation à l’autre. C’est pour cela que chaque histoire à l’étranger est singulière et enrichissante à sa façon.