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Complexe d'infériorité, causes, symptômes et solutions pour s'en libérer

Complexe d'infériorité, causes, symptômes et solutions pour s'en libérer

19 Jan. 2021
8 min

se débarrasser d'un complexe d'infériorité au travail

Le complexe d'infériorité, c'est le fait de se focaliser sur un aspect de sa personnalité, de son corps ou de sa vie que l'on considère comme un défaut, et qui génère un sentiment persistant d'être inférieur aux autres. Ce sentiment peut être conscient ou inconscient, ponctuel ou chronique, et touche autant les hommes que les femmes, à tout âge de la vie.

Ce défaut peut être réel, mais il peut aussi naître d'une interprétation personnelle, voire être entièrement imaginé. Être chauve n'est pas un défaut en soi, et pourtant cela peut alimenter un complexe qui pousse à se replier sur soi. De même, on peut se croire moins intelligent que les autres sans que rien de concret ne le confirme. C'est l'interprétation qu'on fait des faits, plus que les faits eux-mêmes, qui installe cette conviction. On se juge moins bien, moins capable, voire nul, face à des autres qu'on surestime.

Qu'est-ce que le complexe d'infériorité : définition

Le complexe d'infériorité est un sentiment persistant d'être moins valable, moins capable ou moins digne que les autres. En psychologie, un complexe désigne un ensemble de représentations et d'émotions inconscientes organisées autour d'un même sujet, ici le sentiment d'insuffisance face à autrui. Théorisé par le psychiatre autrichien Alfred Adler au début du XXe siècle, ce concept décrit un état dans lequel une personne perçoit ses capacités ou sa valeur comme nettement inférieures à celles de son entourage. Ce sentiment peut toucher l'apparence physique, l'intelligence, les compétences professionnelles, le statut social ou les relations. Ce n'est pas une timidité passagère : lorsqu'il s'installe, il colore chaque aspect de la vie quotidienne.

D’où vient votre complexe d’infériorité ?

Le manque d’estime de soi

L'estime de soi se construit dès l'enfance, et c'est souvent à cette période qu'un complexe d'infériorité prend racine. Une personne fortement dévalorisée durant ses jeunes années, que ce soit par ses parents, ses camarades d'école ou ses professeurs, développe un sentiment profond d'insuffisance qui peut perdurer à l'âge adulte. Grandir avec des parents eux-mêmes complexés peut amener à intérioriser les mêmes schémas par imitation ou par transmission inconsciente. Le fait d'avoir vécu des comparaisons constantes avec un frère ou une sœur perçus comme plus doués peut également ancrer ce sentiment d'infériorité. Avoir été mauvais élève peut durablement donner l'impression d'être moins intelligent que les autres, alors même que les résultats scolaires ne reflètent pas l'ensemble des capacités d'une personne. Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, considérait d'ailleurs que tout être humain ressent un sentiment d'infériorité originel dès l'enfance, et que c'est la façon dont il y répond qui forge son estime de soi et sa personnalité.

Des sources dans l’enfance

À l'adolescence ou à l'âge adulte, d'autres expériences peuvent faire naître ou renforcer ce sentiment : une relation toxique avec un partenaire dévalorisateur, du harcèlement scolaire ou professionnel, la honte liée à son origine sociale ou culturelle, un licenciement vécu comme une humiliation, ou une insatisfaction durable vis-à-vis de son apparence physique (cicatrice, prise de poids, alopécie...). Les réseaux sociaux jouent un rôle amplificateur, surtout chez les plus jeunes : plusieurs études établissent un lien entre l'exposition répétée à des images idéalisées, le sentiment de ne pas être à la hauteur et des problèmes de santé mentale, notamment chez les 15-29 ans, dont près de 3 sur 10 déclarent des difficultés psychologiques régulières. Chacune de ces expériences, prise isolément, ne crée pas forcément un complexe, mais leur accumulation ou leur intensité peut fragiliser durablement l'image de soi.

Des expériences douloureuses

Ces expériences ne surviennent pas toujours dans l'enfance. Un divorce difficile, un licenciement, une maladie ou même un déménagement brutal peuvent rouvrir des blessures anciennes et réactiver un sentiment d'infériorité que l'on croyait dépassé.

Des traits de personnalité propices

Certains profils sont plus exposés que d'autres. Les perfectionnistes ont souvent l'impression de ne jamais faire les choses assez bien. Les personnes très sensibles se laissent facilement déstabiliser par les critiques. Les timides, face à des personnalités extraverties, peuvent vite se sentir transparents ou inférieurs.

Comment reconnaître le complexe d'infériorité : les signes

Un complexe d'infériorité peut générer une souffrance réelle, qui pousse parfois à s'isoler. Sur le plan professionnel, il peut amener à ne pas oser demander une augmentation méritée, à refuser de prendre la parole en réunion par peur du jugement, à saboter inconsciemment ses chances de réussite, ou à renoncer à une carrière souhaitée faute de confiance. Il nourrit aussi souvent la procrastination : si l'on est convaincu d'avance que le résultat sera décevant, pourquoi commencer ? Ces réflexes d'évitement, protecteurs en apparence, finissent par confirmer la mauvaise image que la personne a d'elle-même.

Complexe d'infériorité en amour et dans les relations

En dehors de la sphère professionnelle, le complexe d'infériorité peut également peser lourd dans les relations amoureuses et amicales. En amour, il peut se traduire par une jalousie excessive, une peur d'être abandonné ou trompé, une difficulté à recevoir de l'affection sans la remettre en question, ou encore par le fait de choisir des partenaires qui confirment inconsciemment cette image négative de soi. La personne peut se sentir indigne d'être aimée, douter en permanence des sentiments de son partenaire et interpréter la moindre distance comme un rejet. Dans les amitiés, elle peut s'effacer, éviter de proposer des activités par peur du refus ou se sentir 'de trop' dans un groupe. Ces dynamiques relationnelles, lorsqu'elles ne sont pas identifiées, peuvent entretenir le sentiment d'infériorité dans un cercle difficile à rompre.

Complexe d'infériorité au travail, quelles conséquences sur la carrière et le bien-être ?

Au travail, ce sentiment se traduit souvent par un frein concret : on n'ose pas postuler à un poste plus élevé, on renonce à une reconversion par peur de ne pas être à la hauteur, on hésite à se porter candidat alors qu'on remplit les critères. Le manque de confiance en ses compétences est régulièrement cité dans les études sur le bien-être professionnel, qui soulignent combien l'épanouissement au travail pèse sur le bien-être global. Pour en sortir, il faut d'abord comprendre d'où vient ce blocage, avant de chercher à le déconstruire, seul ou avec l'aide d'un professionnel ou d'un bilan de compétences.

Comment se débarrasser d'un complexe d’infériorité ?

Ne cherchez pas à vous comparer aux autres. Chacun a ses forces et ses angles morts : ce qui impressionne chez quelqu'un n'efface pas vos propres qualités. Les réseaux sociaux compliquent l'exercice, parce qu'ils exposent des versions filtrées et idéalisées des vies des autres. La comparaison est par nature biaisée : vous regardez vos coulisses face à la scène des autres. Une règle plus utile consiste à ne vous mesurer qu'à vous-même : par rapport à il y a six mois, avez-vous progressé ? Osé davantage ? C'est cet écart-là, entre votre 'vous' d'hier et votre 'vous' d'aujourd'hui, qui mérite votre attention.

Cultivez vos différences

Pour rétablir une image de vous plus juste, fixez-vous des objectifs progressifs. Vous n'arrivez pas à parler en public ? Commencez par prendre la parole lors d'un repas de famille, dans un cadre bienveillant, puis en réunion en petit comité, quelques mots d'abord, puis des phrases entières. Tenir un journal de vos réussites quotidiennes, aussi petites soient-elles, est une autre piste concrète : vous rééduquez ainsi votre attention vers ce que vous faites bien plutôt que vers ce que vous ratez. Cette pratique, souvent recommandée en thérapie cognitivo-comportementale, aide à remplacer les pensées automatiques négatives par des pensées plus réalistes. En accumulant des preuves concrètes de votre valeur, vous reconstruisez une image de vous plus solide.

Identifiez vos points forts

Lorsque vous êtes complexé, vous avez tendance à vous concentrer sur vos défauts, sur ce qui ne va pas chez vous. Ce faisant, vous laissez de côté toutes vos qualités, vos atouts, toutes ces forces que vous possédez forcément sans même en avoir conscience. Car nous avons tous des points forts. Alors, quels sont les vôtres ? Si vous ne trouvez pas de réponses seul.e.s, demandez à des personnes bienveillantes qui vous connaissent bien de faire la liste de ce qu’ils aiment chez vous, de ce que vous faites particulièrement bien, de vos qualités humaines et professionnelles.

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Entourez-vous bien

Certaines relations toxiques entretiennent le complexe, parfois sans qu'on s'en rende compte. Une personne qui vous dévalorise régulièrement, ou qui traine elle-même un regard très sévère sur elle-même, peut vous entraîner dans le même état d'esprit. À l'inverse, s'entourer de gens bienveillants, qui regardent vos failles sans les amplifier, change progressivement la façon dont vous vous percevez. Éviter les personnes aigries, promptes à pointer ce qui ne va pas, n'est pas une fuite : c'est une décision sensée.

Cessez les comparaisons

Chacun est doué dans un domaine, pas dans un autre. Si vous êtes timide, vous pouvez admirer quelqu'un à l'aise pour parler en public et avoir l'impression qu'il est globalement meilleur que vous. Mais cette personne a ses propres doutes, réels ou imaginaires. Qui sait ? Elle admire peut-être votre patience, votre esprit de synthèse ou vos capacités managériales. Trop occupé à vous dévaloriser, vous n'en avez pas conscience.

Réparez votre image de vous

Chaque preuve concrète que vous accumulez sur votre capacité à faire les choses modifie peu à peu l'image que vous avez de vous. Ce n'est pas une question de volonté, mais d'exposition progressive : plus vous agissez, même maladroitement, plus vous récoltez des données qui contredisent la conviction d'être inférieur. La difficulté, c'est d'accepter d'être débutant, de ne pas tout réussir du premier coup, sans en conclure que vous êtes nul.

Acceptez la possibilité de l’échec

Quand on n'est pas sûr de soi, la peur de l'échec paralyse avant même d'avoir essayé. "J'y arriverai jamais, je ne suis pas capable, ce n'est même pas la peine" : ces phrases tournent en boucle et bloquent toute tentative. Pourtant, l'échec fait partie du processus d'apprentissage. On apprend en ratant, on acquiert de l'expérience en recommençant, et c'est souvent comme ça qu'on finit par maîtriser quelque chose. Lisez des biographies de personnes que vous admirez : leur parcours est presque toujours ponctué d'échecs dont ils ont su tirer parti.

Ne vous préoccupez pas de ce qu’on pense de vous

Lorsque l’on souffre d’un complexe d’infériorité, on est persuadé que tout le monde ne voit que le défaut qui nous complexe. Si vous complexez à cause d’un détail physique, vous aurez l’impression que tout le monde ne voit que cela. Si vous complexez parce que vos diplômes sont moins prestigieux que ceux de vos collègues, vous aurez l’impression qu’eux-mêmes ne vous jugent que là-dessus. Or, bien souvent, vous êtes le/la seul.e à remarquer ce détail. Et même si ce n’est pas le cas, cela n’a en réalité aucune importance. Ce que pensent les autres ne doit pas prendre autant de place dans votre système de pensée. Concentrez-vous sur vous, votre travail, vos loisirs, vos projets, vos objectifs, faites les choses à votre manière, du mieux que vous pouvez, sans vous demander ce qu’en pensent les autres.

Impliquez-vous auprès des autres

Un manque d'estime de soi tourne souvent en boucle sur les mêmes défauts, grossis jusqu'à tout occulter. Donner de son temps à des personnes ou des causes qui comptent pour vous casse ce mécanisme. Distribuer des repas à des sans-abris, s'impliquer dans une ONG, faire du soutien scolaire auprès d'enfants défavorisés : ces actions ont un effet concret sur ceux qu'on aide, et elles rappellent aussi qu'on est utile, que sa présence compte, et que d'autres traversent des difficultés bien plus lourdes.

Apprenez ou essayez de nouvelles choses

Quand vous faites quelque chose de nouveau (pratiquer un nouveau sport, s’inscrire à un cours d’oenologie, apprendre une nouvelle langue, reprendre une formation, partir au bout du monde, changer de voie professionnelle, etc.), vous apprenez des choses sur vous et vous vous découvrez des qualités que vous n’auriez pas imaginées. De plus, en développant de nouvelles compétences, vous vous démontrez que vous êtes capable de faire de grandes choses. Ainsi, vous améliorez votre estime de vous.

Le bilan de compétences peut vous aider à identifier concrètement ce que vous savez faire, ce que vous aimez faire et dans quelle direction vous voulez aller. Parfois, mettre des mots précis sur ses compétences suffit à changer le regard qu'on porte sur soi.

Ressources et accompagnement pour aller plus loin

Plusieurs ressources peuvent prolonger ce travail. Les livres d'Alfred Adler sur la psychologie individuelle restent des références solides. Du côté de Christophe André, 'S'estimer pour mieux vivre' et 'Imparfaits, libres et heureux' proposent des exercices concrets pour reconstruire l'estime de soi. Un coach de vie ou un psychologue peut vous aider à identifier les schémas qui entretiennent votre complexe et à les défaire. Des groupes de parole ou des ateliers de développement personnel offrent quant à eux un espace pour travailler sur soi avec d'autres personnes qui traversent les mêmes difficultés.


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