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Devenir fleuriste : la reconversion professionnelle de Gwendoline

Devenir fleuriste : la reconversion professionnelle de Gwendoline

02 Sep. 2021
5 min

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Gwendoline, 30 ans, était commerciale dans les cosmétiques quand elle a décidé de quitter le confort de son CDI pour devenir fleuriste et horticultrice. Avec son associé, Arthur, elle est fièrement à la tête d’une petite entreprise artisanale qui compte désormais deux boutiques à Paris. Elle nous raconte sa reconversion dans les plantes et les fleurs séchées, ses motivations comme ses difficultés.

Quel est ton parcours depuis les cosmétiques jusqu’à devenir fleuriste ?

J’ai toujours voulu être fleuriste. Étudiante, dès que j'avais un peu d’argent, j'allais chez un fleuriste m'offrir un bouquet, je restais 20 minutes dans la boutique à choisir une composition… Après une première expérience professionnelle dans une grosse boite américaine, très structurée, j’ai rejoint une start-up, dans le secteur des cosmétiques, qui m’a ouvert une fenêtre sur l'entrepreneuriat. Et puis j’ai rencontré Arthur, mon associé : sa femme et mon copain se connaissaient très bien, et il était un peu dans la même réflexion que moi : il était journaliste télé,  et il avait en tête une reconversion dans les plantes. On s'est rencontré et ça a matché tout de suite.

"J’avais envie d’un travail où aucune journée ne se ressemble, plus manuel, et où j’ai plus de poids dans les décisions".

Comment t’es-tu décidée à quitter ton travail pour te lancer ? 

Je suis de nature un peu stressée, quitter un CDI confortable où tout se passait bien, ce n'était pas évident. Arthur, lui, était à 100 km à l’heure.  Le fait d'avoir un associé m'a clairement rassurée. 

L’autre élément, c'est que je sentais que je n’étais pas 100% épanouie.  J’avais envie d’un projet où aucune journée ne se ressemble, plus créatif et manuel, et où j’ai plus de poids  dans les décisions. L'entrepreneuriat me l'a apporté. Aussi, dans mon entourage, j’ai des personnes qui sont entrepreneurs. Même si ce n’est pas facile tous les jours, le fait d’observer tout ce que ça leur apportait m'a donné envie et rassurée. Dans le fond, c’est un risque mesuré parce que même si ça ne marche pas, on peut rebondir et valoriser cette expérience.

Comment s’est lancé ce projet de reconversion concrètement ? 

On a démarré un business plan. On s’est dit qu'on voulait proposer une boutique où il y aurait à la fois des plantes, des fleurs séchées, de la céramique, de la verrerie faite par des fabricants artisanaux...Il y avait aussi l'idée de faire du durable avec des plantes résistantes, et pas de fleur fraîche.  Au fur et à mesure qu'on se voyait, ça devenait de plus en plus concret. De notre premier verre jusqu'au lancement de Kaki, il s'est passé à peu près 8 mois.  

Tu as suivi une formation de fleuriste ?  

Oui, un CAP fleuriste. J’ai choisi une formation courte pour adultes où on ne fait que de la pratique : pas les matières générales. Ça me rassurait, même si j’ai démarré ce CAP alors que je faisais déjà des bouquets pour Kaki depuis un an. Ça a duré deux mois et demi, tous les jours . C’était un peu sportif, parce que Kaki continuait de tourner. Mais j’ai rencontré plein de personnes géniales, dont certaines avec qui je travaille aujourd'hui.

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Sur l’aspect financier, comment as-tu  surmonté tes éventuelles craintes ?

Ce sont de vraies questions, qui me causaient du stress, notamment au moment de ma grossesse (Gwendoline a accouché à l’été 2021, quelques semaines avant notre interview, ndlr). La rupture conventionnelle m’a donné le droit au chômage et sans ça je pense que je n’aurais pas pu me lancer. Il vient de s'arrêter, en juin, et là, le congé maternité va prendre la suite. Mais on va bientôt commencer à se rémunérer. Au début ce sera un petit smic chacun, ce qui est déjà pas mal parce qu’il faut dégager deux fois ce montant, en comptant les charges. 

Quel a été l’impact du Covid sur votre activité ? 

On a pas mal évolué mais l’activité s'est bien développée malgré le Covid ! À l’origine, on travaillait beaucoup avec des professionnels, on faisait de l’événementiel, des ateliers, donc ça s’est calmé... Mais on a ouvert une première boutique à Paris en septembre 2020. En parallèle, on a développé notre e-shop, qui fonctionne bien aujourd’hui. Et comme le format boutique marchait bien, en janvier 2021, on s'est mis à rechercher un deuxième local, alors que beaucoup de locaux se libéraient, malheureusement, en raison du Covid. Fin mai, nous avons ouvert un deuxième espace dans le 9ème arrondissement. 

À quoi ressemble une semaine type pour toi ?

En général, en début de semaine, on gère les commandes tombées le week-end. Je fais de la production côté fleurs séchées. Je tiens à ne pas tout déléguer étant donné que j'ai fait cette reconversion dans les plantes et que je suis devenue fleuriste pour garder cette créativité. 

En milieu de semaine, on se pose sur la communication, c'est un peu plus stratégique. 

En fin de semaine en général c'est plutôt les mails, le démarchage d’entreprises ou de l’administratif. 

Vous êtes 100 % propriétaire de votre entreprise ? 

Oui. La mise de départ était de 3000 € chacun. Ça nous a permis d'acheter la première marchandise, de déposer les statuts, etc... Pour la deuxième boutique, on a choisi d'emprunter à la banque qui nous a prêté facilement parce que la boîte est dans le positif depuis un moment. À ce stade, on préfère grandir plus lentement en gardant le contrôle sur tout. Je n'ai pas fait cette reconversion professionnelle pour être la gérante d'une start-up où je ne toucherais plus à rien.

 “S'adapter”, je pense que c'est un mot assez clés quand on veut devenir entrepreneur”

En plus de quitter ton travail pour l’inconnu, qu'est-ce qui te freinait ?

La question “est-ce qu’on va arriver à en vivre ?”. Le regard de mes parents. C’est une génération qui est restée dans la même entreprise pendant 30 ans, à grimper tous les échelons. J’avais cette appréhension de leur dire “je vais tout lâcher pour passer mon CAP fleuriste”, alors que j’avais fait une école de commerce et à peine 5 ans de salariat. Aussi c'était un marché auquel on ne connaissait rien. On se demandait comment ça marche, est-ce qu’il faut aller à Rungis, etc  ? On apprend sur le terrain au fur et à mesure mais il y avait quand même de l'appréhension.

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Quels conseils souhaites-tu transmettre à quelqu’un qui voudrait devenir fleuriste ou faire une reconversion dans les plantes ? 

Rencontrer d’autres entrepreneurs. J’avais contacté des fleuristes sur Instagram, elles me racontaient leur quotidien... Ça m’a permis d’identifier ce qui me plaisait dans le secteur, parce qu’il y a plein de métiers : tu peux faire des installations pour des mariages, des vitrines… J’ai aussi fait des ateliers créatifs pour voir si je me sentais à l’aise face aux fleurs. 

Se lancer dans l’entreprenariat et tomber enceinte de son premier enfant, c’est possible ?

Tout est possible, c'était à moi de m'organiser. On a refusé des projets, j'ai aussi plus de flexibilité sur le congé maternité. Là, je reprends petit à petit, sans m'attaquer à des gros trucs. C'est vrai que ça fait peur de mener un projet tout en ayant un bébé mais c'est possible et je ne regrette pas du tout. Et puis si je n’y trouve plus mon compte il faudra revoir l'organisation. “S'adapter”, je pense que c'est un mot assez clés quand on a un projet de monter sa boîte.

"Recharger mes batteries" par Gwendoline

🧘‍♀🤸‍♀ Le sport, courir ou faire un peu de yoga. Tout de suite après, je me sens bien.

🍻 Les amis, parce qu’on peut vite négliger sa vie sociale et en fait c’est super important  de prendre le temps de garder un lien.

🖌  Je me suis mise à l’aquarelle pendant le premier confinement.  Je me suis achetée plein de palettes et de papier ! Pourtant je ne suis pas une bonne grande dessinatrice loin de là. Mais je peux passer 2-3h à faire ça, ça me détend.

Le prochain projet

👨‍👩‍👧 Le projet est arrivé, mon bébé !  Maintenant, sur le plus long terme, il s’agit de profiter de la vie de famille tout en continuant de faire grandir Kaki. Sachant que mon associé a aussi deux enfants, dont la première est née alors que Kaki n’avait que quelques mois.

Retrouvez l’e-shop Kaki Paris et les boutiques parisiennes :

  • 35, rue Davy 75 017 Paris
  • 41, rue Rodier 75 009 Paris

Si vous souhaitez devenir fleuriste, entamer une reconversion professionnelle dans les plantes ou ailleurs, c’est peut-être le moment de démarrer un bilan de compétences. Il vous permettra d’approfondir votre introspection et votre projet professionnel.

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Soyez à nouveau en phase avec vos aspirations et vos valeurs, trouvez votre voie ou retrouvez un équilibre pro et perso grâce au bilan de compétences.

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