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#Témoignage : Marthe, de la biologie pharmaceutique à l’exploitation d’une ferme

#Témoignage : Marthe, de la biologie pharmaceutique à l’exploitation d’une ferme

09 Dec. 2020
3 min

Marthe a 27 ans lorsqu’elle termine ses études en pharmacie. Elle a choisi la spécialité biologie et obtient rapidement un poste dans un hôpital de sa région. Mais après plusieurs années d’exercice, elle se sent blasée et a urgemment besoin de prendre un tournant, dans sa vie personnelle autant que dans sa carrière. Marthe raconte son improbable reconversion qui l’a menée à travailler la terre, dans ce témoignage "De la biologie pharmaceutique à l’exploitation d’une ferme".

Pourquoi avez-vous initialement suivi des études en pharmacie ?

J’avais un esprit plutôt scientifique et depuis petite, j’ai toujours dit et imaginé que j’évoluerais dans le domaine médical. J’ai passé le concours de la première année de médecine sans vraiment trop savoir vers quoi me diriger. J’ai redoublé et à l’issue du deuxième concours, mon classement ne me permettait pas de choisir médecine générale mais pharmacie. Ça ne m’a pas déplu, j’étais assez contente que le sort choisisse pour moi finalement et j’étais plutôt motivée.

Marthe, comment vous êtes-vous tournée vers la biologie, qui a encore allongé votre parcours universitaire ?

Après plusieurs stages en officine, j’ai eu le sentiment que ce qui m’animait, c’était vraiment la recherche, le travail sur les molécules plus que la vente en tant que telle. Choisir la biologie, c’était effectivement assez exigeant, c’était une façon de se démarquer dans le domaine pharmaceutique. C’était la possibilité d’agir, d’être dans l’action. J’avais très peur de m’ennuyer en officine, même si je n’excluais pas la possibilité d’un jour ouvrir ma propre pharmacie si j’en avais les moyens.

Comment se sont déroulées vos années à l’hôpital ?

Après avoir validé ma thèse et obtenu mon diplôme, j’ai trouvé assez rapidement un poste dans un hôpital réputé. J’ai démarré avec enthousiasme, les missions étaient intéressantes, particulièrement portées sur l’oncologie, ce qui avait été une de mes matières préférées à la fac. Néanmoins, au fil des mois, j’ai vite compris comment s’organisait le travail à l’hôpital: nous travaillions beaucoup, toujours dans l’urgence, c’était stressant et j’étais à plus d’une heure de trajet de chez moi. Après plusieurs week-ends de garde et d’astreinte un peu déprimants, j’ai commencé à être psychologiquement épuisée.

Quel a été l’élément déclencheur pour opérer un changement, Marthe ?

Je ne m’entendais plus avec mes collègues, je traînais de plus en plus des pieds, je pense que j’ai frôlé le burn-out et heureusement, je me suis arrêtée à temps. J’étais enceinte et j’ai donc très vite demandé un congé. Ce temps de réflexion a été très précieux pour moi. J’allais donner la vie, j’avais envie d’être en harmonie et équilibrée avec moi-même. Je n’avais pas de roue de secours au départ, mais je sentais que j’avais besoin de m‘éloigner de la biologie, malgré les nombreuses années d’étude que j’y avais consacré.

Comment s’est concrétisé le projet de la ferme solidaire ?

C’est un ami, fils d’exploitant agricole, très engagé pour la protection de l’environnement avec qui nous avons eu une longue discussion un jour. Il nous a raconté son rêve : celui d’acheter une exploitation, de s’y installer avec une dizaine d’autres personnes pour y créer un lieu de vie et y cultiver la terre de façon la plus autonome possible. Avec mon conjoint, nous avons beaucoup cogité et puis, un peu comme des ados qui rêvent de vivre en coloc avec leurs meilleurs amis, on s’est dit que ça valait le coup d’au moins essayer !

Quelles ont été les différentes étapes de cette reconversion ?

Avec mon conjoint et cet ami, nous nous sommes donnés un an pour économiser le plus possible. Dans le même temps, nous avons recruté 5 autres personnes volontaires pour participer au projet. À l’issue de très nombreuses réunions, nous avons imaginé le fonctionnement d’une ferme solidaire et responsable. L’objectif était de subvenir à nos besoins d’abord, puis de dégager des recettes en vendant le reste de nos produits aux habitants du village. Il a ensuite fallu chercher une exploitation, ce qui a pris encore pas mal de temps. Une fois que nous avons trouvé ce lieu idéal, nous devions passer de la théorie à la pratique et nous lancer. Nous avons travaillé comme des fous la première année, dans une ambiance très joyeuse. J’ai évidemment dû apprendre énormément de choses sur le tas, car nous répartissons chaque tâche tout au long de la semaine afin de ne pas se lasser. Nous sommes petit à petit devenus la pierre angulaire du village où nous vivons, et c’est très gratifiant ! En plus d’avoir drastiquement réduit notre empreinte carbone. Tout cela me permet aujourd’hui de me sentir alignée avec mes valeurs.


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